Entrevue avec le ministre MACRON du 22 mai 2015

, par YannP

Vendredi 22 mai 2015, FO et les autres organisations syndicales d’AREVA étaient reçues à Bercy en vue d’une rencontre avec le ministre MACRON.

Chaque syndicat était représenté par 3 Membres, le Secrétaire adjoint du Comité de Groupe France et la Secrétaire du Comité de Groupe Européen étaient également présents.

Outre Emmanuel Macron, étaient présents :

Alexis ZAJDENWEBER représentant de l’Agence des Participations de L’Etat

Julien MENDEZ Conseiller Participations Publiques

Julien MARCHAL Conseiller Energie et industries extractives

Jean-Claude LUCIANI Conseiller Social

Alexis KOHLER Directeur de Cabinet

Julien DENORMANDIE Directeur de Cabinet Adjoint.

En introduction, le Ministre s’est attelé à présenter les points de convergence et les constats partagés.

« Le sujet Nucléaire est très important, c’est une industrie d’excellence, qui a de nombreux savoirs faire …

La situation actuelle est le résultat de deux principaux facteurs :

1. Des Erreurs

- Une absence de coordination des acteurs de la filière alors que l’Etat en est actionnaire majoritaire

- Une mauvaise appréciation de certains risques (dont OL3)

2. Des Fautes

- Quand l’Etat demandait à AREVA d’investir dans des usines (Comurhex 2), il laissait EDF s’approvisionner sur le long terme à l’étranger.

- L’Etat a laissé les acteurs du Nucléaire Civil Français présenter des offres en ordre dispersé face à une concurrence organisée.

Ce sont ajoutées à ces deux facteurs la catastrophe de Fukushima et l’émergence des Gaz de Schiste.

Après avoir fait ce constat, le Ministre a indiqué que l’Etat prendra ses responsabilités.

A ce stade il indique qu’EDF et AREVA ont chacun fait valoir leurs arguments sans qu’une décision ne soit prise pour l’instant.

Le Ministre est conscient que chacune des deux entreprises veut défendre sa position au meilleur de ses intérêts.

A ce stade il a demandé aux deux entreprises d’être plus proches et il refusera des « schémas territoriaux » visant à privilégier l’un ou l’autre.

Il indique que la gestion des compétences est une des priorités …

Chaque Syndicat est intervenu en vue de souligner les difficultés du Groupe en focalisant à tour de rôle sur les problématiques des différentes activités et du groupe en général.

Le tour d’horizon, s’il n’a pas été exhaustif (2 heures de RDV), a tout de même couvert l’ensemble des problématiques.

Nous sommes tous d’accord sur le fait que nous trouvons anormal que la Direction s’attèle à mettre en cause nos garanties collectives alors qu’AREVA ne présente aucune stratégie viable et qu’aucune stratégie industrielle n’émerge.

Le Ministre confirme que l’absence de visibilité est une faiblesse.

Il indique que l’année 2015 permettra d’y remédier partiellement.

Après le vote de la loi de transition énergétique mi-juillet, la filière aura des informations sur le marché domestique ; prolongation (grand carénage) et/ou renouvellement et à quel rythme.

Concernant le marché export, EDF sera fer de lance et maître d’œuvre.

Quelques messages du type : Les Japonais sont de vrais partenaires industriels (L’ATMEA1 sera aussi porté par EDF) mais la Chine est le marché de demain.

En matière de financement des offres, le Ministre est conscient des atouts de notre concurrence et dit y réfléchir.

Il souhaite monter un CSF (Comité Stratégique de Filière) Nucléaire civil dès mi-juillet. Il évoque la mise en place d’un contrat de filière.

Le calendrier indiqué :

AREVA et EDF ont jusqu’à début juin pour présenter leurs solutions.

Le 3 juin, se tiendra une réunion interministérielle pour aborder le sujet.

Les décisions sur la recomposition du schéma du Nucléaire civil Français seront connues fin juin, début juillet.

Toutes les organisations syndicales ont alerté sur les conséquences de découpages décidés sans discernement.

(il acquiesce quand nous lui indiquons que la structure matricielle mise en place en 2010 ne marche pas et que personne ne la remet en cause)

« Il est nécessaire de simplifier la structure de commandement »

Avant de conclure, le Ministre a indiqué « AREVA est taillé pour un marché de 30% à 40% supérieur à ce qu’il est en réalité »

Le défi est de ne pas casser les cycles de compétences dans cette transition.

Partout où il y a enjeux de sûreté il n’y aura pas d’ajustement rapide.

Les entreprises (EDF / AREVA) seront en charge de régler les problèmes de compte de résultat

L’Etat gèrera le problème du Bilan (comprendre : montant de la recapitalisation et conséquence d’un arbitrage négatif sur OL3).

Au-delà de ce compte rendu qui se veut factuel, une mobilisation sera organisée en intersyndicale le 2 juin dans tous les établissements du Groupe.

Les tracts apporteront les précisions sur les positions syndicales et les conditions de cette mobilisation.